Vous avez dit hédoniste ?

Notre époque, pour qui la tisane à l’eau tiède est devenue un must très tendance, a le sentiment que l’on verse dans l’excès dès qu’on lui sert un alcool puissant.

Pourtant, nous devons choisir comment conduire notre existence lancée à pleine vitesse entre deux néants. Il faut pour cela se fabriquer une existence conforme aux options existentielles qui la sous-tendent. En d’autres termes : s’inventer en se sculptant.

Je prône pour cela l’hédonisme. Mais levons les malentendus : l’hédonisme ne consiste pas à se vautrer dans la fange, le lucre et le luxe, mais à se comporter en disciple d’Epicure, ou plutôt de Lucrèce. Ne laissons pas la seule parole à ceux qui font encore passer Diogène pour un dépravé, Epicure pour un pourceau et Nietzsche pour un cinglé et un nazi ! Il faut réhabiliter les philosophies de la chair, du goût et de l’odorat. Il est nécessaire de vouer aux gémonies les contempteurs du corps.

L’hédonisme n’a donc rien à voir avec le libertinage débridé ou le consumérisme à tous crins. Il s’agit de la recherche du plaisir pour soi et pour les autres. Une quête de l’éviction du déplaisir, si l’on préfère, où l’on cherche avant tout à ne pas se rendre malheureux.

Dans notre société, une hiérarchie des cinq sens s’est progressivement constituée qui considère le goût et l’odorat comme vulgaires et bas, et la vue et l’ouïe comme hautes et positives. Je veux réhabiliter les sens décriés du nez et de la bouche face à l’œil et à l’oreille, organes de la modernité triomphante d’un homme pensé sans pulsion et sans animalité. Comme une revendication, j’ai fait le choix d’un corps et d’une philosophie auxquels participent activement les cinq sens.

Un Château Yquem, mais aussi un pot au feu ou tout autre plat ou boisson moins sophistiquée sont porteurs d’une histoire, d’une société, de techniques, de savoir-faire et surtout d’humain, et même si le mot est passé dans une certaine vulgate, d’humanisme. Le fait que l’on ne les ait pas érigés en faits de culture au même titre que la peinture ou la musique, réside essentiellement dans la haine du corps mais aussi, plus particulièrement, dans celle du goût et de l’odorat.

Je veux une chair en harmonie avec le réel, qui n’aille pas contre lui, mais dans son sens, et obéisse aux injonctions de Dionysos plutôt qu’aux interdits d’Apollon.

Je veux ériger l’art de la table et du vin en véritable philosophie de l’être, en philosophie de la vie. L’art culinaire et œnologique est bien un fait culturel à part entière.

C’est pourquoi je me veux passionné, chercheur d’infini, excité par la tension, l’effort et la projection de soi dans un espace où l’accélération génère la jubilation. Je me construis, me fabrique, me veux en confiance avec mon temps, pas fâché contre lui, complice de ses errances comme de ses fulgurances; je célèbre l’action. La vie est un état d’urgence.

Je vous invite à la jubilation, à la valorisation du vivre-plaisir hic et nunc. Jouissons de ce monde, il est déjà beaucoup plus tard que vous ne le croyez !

« Connaît-on les effets moraux des aliments ?
Existe-t-il une philosophie de la nutrition ? »
Friedrich Nietzsche
Le gai savoir, 1882

« Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne,
voilà je crois, toute la morale. »
Chamfort (Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort),
Maximes et pensées, caractères et anecdotes, 1795

Repas Accords Mets & Vins

Un repas où chaque plat
est accompagné de plusieurs vins

Visite de vignobles

Venez découvrir le Languedoc  :
vignes, caves et vins

Ateliers de cuisine

C’est le moment de passer
derrière les fourneaux
et de mettre la main à la pâte